Énéko Morlier Projet 04 / 05CV

Pipeline · IA appliquée à la production

Un char Leclerc modélisé par agent IA

Un véhicule réel, chargé de détails, avec des pièces qui bougent : le char Leclerc Série 2. L'agent (Claude Opus 5.5, relié à Blender par MCP) écrit et lance ses scripts. Moi, je fixe le cadre, je relis chaque rendu et je renvoie la liste de ce qui ne va pas.

Rôle
Direction et validation
Outils
Blender 5.2, Claude Opus 5.5, MCP
Modèle
576 000 triangles, 470 pièces
Durée
1 jour de travail
Rendu studio du char Leclerc Série 2 en camouflage centre-Europe, vue avant trois quarts
Version usée, en studio. Rendu Cycles en 4K.
Tour complet, en boucle. La tourelle, le canon et le viseur du chef bougent pendant la rotation, grâce au rig.
Film de 15 secondes, au crépuscule. Quatre plans, les chenilles dans les ornières, phares allumés. Rendu en 1440p, bruitages générés avec ElevenLabs. À regarder avec le son.

Le test

Un char, c'est des centaines de pièces qui doivent s'emboîter. Si un boulon flotte ou si une grille est juste posée à plat, ça se voit tout de suite.

L'agent est parti de photos publiques (Wikimedia Commons) et des dimensions officielles du Leclerc Série 2. Les grandes cotes sont respectées : la longueur de caisse, la hauteur de tourelle, le nombre et la taille des galets. Pour le reste, c'est une interprétation : proche du vrai char dans l'ensemble, mais pas une copie exacte.

Les outils

Claude Opus 5.5 dans Claude Code, relié à Blender 5.2 par MCP. L'agent n'a rien importé : tout le char est construit par ses scripts, donc il se reconstruit de zéro. Il a écrit ses propres outils : primitives, tubes cintrés, trajet des chenilles, et un test de collisions entre les pièces.

Pour les textures, un shader maître à plusieurs couches (camouflage, écaillures jusqu'au métal nu, poussière, boue, coulures), mélangé à des scans libres de droits (Poly Haven, ambientCG) pour le grain de la peinture et les traces de doigts.

576 000
Triangles, avec biseaux
470
Pièces
10
Commandes dans le rig

Trois versions

Les deux premières versions tenaient à distance, mais de près le char faisait jouet : textures trop propres, mitrailleuse en blocs, phares arrière réduits à deux boîtes, grilles posées à plat.

La troisième part de ma liste de retours : phares avant et arrière refaits, vraie mitrailleuse sur son affût, caisson de la coaxiale centré, collier de bouche et housse du mantelet repris, grilles creusées et encadrées, plaques nettoyées, texture reprise en profondeur. Il y a aussi des coffres, des gaines, des caméras de conduite, et le dessous de la caisse.

En relisant la troisième version, j'ai encore trouvé une mitrailleuse mal assemblée et deux volets qui flottaient. J'ai alors demandé à l'agent un contrôle automatique : chaque pièce qui ne touche rien à moins de 3 mm est listée. Il en a trouvé 44 que je n'avais pas vues, dont le panier arrière, qui n'avait pas de fond : tout son chargement flottait dans le vide.

Ce que j'ai surveillé

À chaque version, je regardais des gros plans et je renvoyais une liste précise. J'ai tranché les choix : un camouflage fictif mais à grandes bandes comme sur les photos, des scans pour la texture plutôt que du 100 % procédural, et le crépuscule avec les phares allumés pour le film.

Comparaison version 2 et version 3 : le toit avec la mitrailleuse, puis le phare avant
Version 2 à gauche, version 3 à droite. La mitrailleuse sur son affût et le phare avant, avec des pieds de protection enfin posés sur le socle.
Le même rendu coupé en deux : à gauche le char neuf, à droite le char usé avec boue et poussière
Neuf ou usé, d'un seul curseur. L'usure fait monter la boue, la poussière, les écaillures et les coulures.
Gros plan de la mitrailleuse de toit : affût, fourche, bande de cartouches, caisse à munitions
La mitrailleuse. Affût, fourche, bande et caisse à munitions.
Gros plan du mantelet : caisson de la mitrailleuse coaxiale et housse du canon
Le mantelet. Le caisson blindé de la coaxiale et la housse du canon.
Gros plan de la bouche du canon et du boîtier MRS
La bouche du canon. Le boîtier MRS centré sur son collier.
Gros plan du bloc de phare avant allumé, avec sa protection en tube
Le phare avant. Réflecteur, feux de position et protection en tube cintré.
Grilles du pont moteur encadrées et creusées, panier arrière avec son chargement
Le pont moteur. Grilles encadrées et creusées, panier avec son fond grillagé.
Gros plan des feux arrière dans leur caisson blindé
Les feux arrière. Quatre optiques dans un caisson blindé.
Rendu studio du char Leclerc vu de l'arrière trois quarts
L'arrière. Panier, lance-grenades GALIX, feux et grille moteur.

Le rig

Tout se pilote depuis un seul objet : distance parcourue, tourelle, canon (de -8° à +20°, comme le vrai), viseur du chef, mitrailleuse, trois trappes, volets du viseur du tireur, phares et usure. Les chenilles et les galets suivent la distance parcourue, sans glisser sur le sol.

Le char avec la tourelle tournée et le canon levé à 20 degrés, trappes ouvertes
Tourelle à -60°, canon à +20°. Trappes du chef et du pilote ouvertes.
Gros plan de la chenille et de la poulie avant sous les jupes
Le train de roulement. 77 maillons par chenille, calés sur les dents du barbotin.

Les limites

Ce que j'en retiens

Sur un objet complexe, l'agent avance vite : un char complet, riggé et texturé en un jour de travail. La qualité vient de la relecture : mes retours précis sur les gros plans, puis des contrôles automatiques pour ce que l'œil rate. Sans ces relectures, il y aurait eu une seule version, celle qui faisait jouet.

Photos de référence : Wikimedia Commons, catégorie « Leclerc tanks ». Scans de texture : Poly Haven et ambientCG (CC0).

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